De la Colombie au Panamá… En passant par Capurganá et les îles San Blas avec un job de volontaire à l’hostal « la Bohemia » puis un boulot « d’ayudante » avec San Blas Adventures pour traverser la frontière par les Caraïbes.

Vue sur Capurgana

Vue sur Capurgana

I. Capurganá, la Bohemia et les gens du monde

Après le village fort sympathique de Santa Fe de Antioquia, je chope un bus de nuit sur le bord de la route pour arriver à Turbo. De là, je prendrai un bateau pour Capurganá. Pour ceux qui souhaitent faire ce voyage, sachez qu’il n’y a qu’un seul voyage par jour (vers 8h30), qu’il faut soit arriver tôt pour acheter son ticket, soit réserver: les bateaux se remplissent rapidement.

Dans le bateau (environ 2 heures de trajet), ça secoue un peu, en fonction de la Mer. Mettez vous de préférence à l’arrière. Et emballez vos affaires dans des gros sacs plastiques pour qu’ils ne prennent pas l’eau.

Arrivé à Capurganá, plusieurs personnes nous sautent dessus pour nous proposer leur hôtel. Hector, un propriétaire d’hôtel de Santa Fe de Antioquia avec qui j’ai sympathisé la veille, m’a recommandé l’hotel de « Don Rafael », il m’a dit que je pourrai peut-être travailler pour lui. Je pars donc à sa recherche.

J’arrive à un petit hostal roots. J’y rencontre Rafael et Victoria, les propriétaires, et leur parlent de mon projet « travail pour dodo ». Ils acceptent.

Hotel la Bohemia

Hotel la Bohemia

Capurganá est un petit village de pêcheurs paradisiaque. Ici, il n’y a pas de voitures. Il n’y a aucun accès par route. Il y a un petit aéroport ou alors, on arrive en bateau. D’un côté, il y a la mer des Caraïbes et de l’autre la dense forêt tropicale du Darién. En discutant, on parle parfois involontairement de l’île. Il y a plein de petits animaux, des gros moustiques et une luxuriante végétation. Visiter les superbes plages, plonger dans la mer bleu turquoise, marcher dans la jungle, ramasser des kilos de mangues ou de noix de coco, observer les animaux et plantes, je me sens bien ici.

Dendrobate auratus, si je ne me trompe

Dendrobate auratus, si je ne me trompe

Ma première coco ouverte à la sueur de mon front

Ma première coco ouverte à la sueur de mon front

Dans l’hostal, les écureuils ou les singes viennent parfois nous saluer. Des voyageurs du monde se retrouvent ici, en général pour 2 ou 3 jours à la base et restent finalement une semaine. L’ambiance est détendue, on cuisine ensemble, on écoute de la musique, on joue aux échecs ou au poker, on s’hydrate à la bière fraîche, on chille dans les hamacs. Il n’y a plus d’heure ni de jour. La vie suit tranquillement son cours et rien ne pourra jamais nous stresser.

Ami

Ami

Ce n’est pas ça le volontariat, au boulot!

Me répète Victoria. Je repeins donc quelques meubles, je range la maison, pompe l’eau au deuxième étage, prépare des jus de mangue ou du pop-corn pour les habitants provisoires, leur apporte des bougies lors d’une des nombreuses coupures de courant… Un jour, je propose d’aller enrôler de nouveaux clients au port. Je pourrai en profiter pour trouver des solutions pour aller jusqu’au Panamá.

Victoria est agacée lorsqu’elle me trouve en train de boire des bières avec les locaux sur le port alors que les touristes arrivent.

Comme ça tu trouveras des amis, mais pas de clients.

Vers el Aguacate

Vers el Aguacate

Pourtant, je sens que la journée a été bonne pour moi. J’en retiendrai mes rencontres avec un jeune homme sympa atteint du chikungunya, vivant sur une plage voisine et cette jeune panaméenne qui vit sur « La Miel » (plage voisine qui se situe au Panamá) et qui vient le week end à Capurganá pour faire la fête. La fête ici, c’est tous les jours sur la place principale qui est également le terrain de football, et en bord de mer. On me l’avait bien dit: les « costeños » sont de grands « rumberos ».

Et surtout, j’agrandirai le champ de mes possibilités de traversée de la frontière. Il y a donc l’avionnette qui part de Puerto Obaldía (que l’on atteint de Capurganá en lancha pour environ 20 000 pesos je crois) qu’il faut réserver de préférence à l’avance (environ 100 dollars), il y a des bateaux qui vont régulièrement de Puerto Obaldía à Cartí où il y a une route qui rejoint Ciudad de Panamá (environ 100 dollars + taxes Kuna plus ou moins 25 dollars + frais pour rejoindre Ciudad de Panamá environ 25 dollars), il y a la possibilité de travailler sur un bateau marchand qui passe par chaque île habitée de San Blas (durée indéterminée) ou il y a San Blas Adventures, un tour touristique qui passe 4 jours au sein des îles San Blas et rejoint le port de Cartí (environ 390 dollars + frais du bateau de Capurganá à Sapzurro 7000 pesos + taxes kunas 22 dollars + 30 dollars de jeep de Cartí à Ciudad de Panamá + amener de l’eau potable ou l’acheter au prix fort sur les îles).

Près de la plage "El Aguacate", Colombie

Près de la plage « El Aguacate », Colombie

En discutant avec Ben et Sanne, guides, on tombera d’accord pour que je parte avec eux comme « ayudante » en payant 200 dollars. C’est cher payé pour travailler mais ça paraît être la seule solution intermédiaire pour passer quelques jours sur les îles San Blas et arriver à temps pour mes examens à Ciudad de Panamá. Et leurs chefs le savent, les négociations s’arrêtent donc à ce prix.

J’aime Capurganá, j’aime la Bohemia. Même si la nuit, chaque millimètre de mon corps découvert se fait dévorer par les moustiques ou que je me fais réveiller par des crapauds qui se servent de moi pour atteindre les étages supérieurs de la maison. Les relations un peu tendues du départ avec Victoria s’harmonisent au fil des discussions, de l’écoute musicale et des jeux (je la laisserai gagner au échecs ;) ).

Il y a des personnes de Colombie (je croise même un Pastuso), de France, d’Allemagne, des États-Unis, du Guatemala, d’Israël, du Japon, d’Espagne, d’Argentine, d’Hollande… Ils voyagent de durée courtes à longues, certains vont de l’Alaska à l’Argentine en vélo tandem, d’autres passent par là pour monter des affaires au Costa Rica, d’autres ont tout plaqué et vivent la vie comme elle vient ou encore font le tour de l’Amérique en moto…

Près de la plage "El Aguacate", Colombie

Près de la plage « El Aguacate », Colombie

La dernière nuit, avant de partir pour les îles San Blas, a eu lieu la tempête de ma vie. Il pleuvait des océans, les éclairs frappaient violemment la terre, les branches et les arbres se rompaient autour de nous. Je dormais à l’étage, tout le monde s’est levé, on a regardé le spectacle, c’était impressionnant.

Si vous traversez cette frontière, ne prenez pas l’avion de Ciudad de Panamá à Bogota ou Medellin. Allez à Capurganá et rendez vous à l’hostal la Bohemia, super convivial et économique.

 

II. Ayudante pour San Blas Adventures et le contraste touristes du monde / indigènes

Île déserte

Île déserte

Une vingtaine de touristes allemands, australiens, états-uniens, anglais, une nouvelle guide hollandaise Sanne et un guide français Ben, 6 capitaines Kunas et moi, l’ayudante. Après un petit déj’ à Sapzurro, direction Puerto Obaldía, une heure et demie plus loin, pour la traversée de la frontière. Malgré que nous soyons tous des étrangers de pays occidentaux, nous devons déballer tous nos caleçons et passer devant les chiens. J’imagine la galère pour les Colombiens qui veulent sortir de leur pays…

Direction première île. Soleil, sable blanc, cocotiers, baignade et plongée, c’est les vacances, les îles sont paradisiaques. Le soir, on ira dormir sur une autre île habitée par les indigènes Kuna. Les toilettes sont construites au dessus de la mer. C’est drôle de faire ses besoins en observant de jolis poissons colorés nageant dans l’eau bleu transparente.

San Blas

San Blas

Les Kuna sont un tribu indigène indépendant, disposant d’un statut spécial au sein du Panamá. Leur ressource principale est le tourisme, suivi de la noix de coco. Globalement, les hommes sortent de la maison tôt le matin pour s’occuper de leurs exploitations sur terre ferme (ils ont un territoire sur le continent), reviennent dans l’après-midi pour pêcher et rentrent chez eux. Les femmes restent à la maison et les enfants vont à l’école où la langue Cuna est enseignée.

Enfants Kuna

Enfants Kuna

Dans les prochains jours, j’aiderai à préparer les repas, à charger ou décharger les bateaux. Il faut se lever tôt le matin, mais ça ne me pose pas problème, au contraire. Il me reste beaucoup de temps pour profiter de la journée. Pas d’internet, pas d’électricité, pas de téléphone, c’est bon d’être déconnecté.

Playa

Playa

La prochaine île sur laquelle on atterrit est à moitié habitée par les indigènes et l’autre moitié est un grand domaine fermé pour touristes. Séparé, oui, par un mur et une porte. Dans la soirée, je passerai de l’autre côté.

Cochon en cage au dessus de la mer des Caraïbes

Cochon en cage au dessus de la mer des Caraïbes

Le soir, les villages Kuna appartiennent aux enfants. Ils sont tous dehors et ils jouent. Je me fais ami avec l’un d’eux et lui demande de me faire visiter, et plus tard de m’inviter dans sa maison. J’y rencontre des femmes et des enfants, les hommes ne sont pas à la maison. On m’accueille chaleureusement, on est curieux des deux côtés. On se pose des questions « Tu viens d’où? Tu es marié? Avec qui vous vivez? Où étudiez-vous après le colegio?… ». Ils vivent très simplement, dans des cabanes en bois, en famille. Ils utilisent depuis peu l’énergie solaire. Dans la cabane dans laquelle je rentre il y a des hamacs, des vêtements artisanaux que les femmes font et une petite télé.

Cabanes Kuna

Cabanes Kuna

Depuis un village Kuna

Depuis un village Kuna

Dans les prochains jours, je continuerai cette petit « routine » baignade, plongée, aide aux guides. Je marcherai sur un oursin « aïe! ». Le dernier soir, on mangera des langoustes et un ceviche de « pulpo » fraîchement pêchés, un vrai délice. On fera un feu de bois et on boira du rhum sous les étoiles et la resplendissante lune. Les touristes sont heureux et la moitié décide de payer une journée de plus sur la dernière île.

Lobster

Lobster

Coucher de soleil et île déserte

Coucher de soleil et île déserte

Coucher de soleil

Coucher de soleil

Je rentre avec l’autre moitié du groupe, en direction du port de Cartí pour y prendre un 4*4 jusqu’à Ciudad de Panamá. Sur la route, un nouveau contrôle. On regarde mon passeport « Tu viens de Colombie. Descends et ouvre ton sac ».

Quelques heures plus tard, après plusieurs semaines dans la cambrousse, je me retrouve au milieu des gratte-ciels géants, des centaines de Mc Do et autres fast food américains à Ciudad de Panamá. C’est un véritable choc psychologique.

Ciudad de Panama

Ciudad de Panama

 

Employeurs des pays d’Amérique Centrale, si vous m’écoutez, donnez moi du travail!

Hasta luego Colombia!

Paradis

Paradis

Isla

Isla

Village Kuna

Village Kuna

Coquillage du pulpo

Coquillage du pulpo

Coucher de soleil sur San Blas

Coucher de soleil sur San Blas

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Isla

Isla