Je suis resté environ 1 semaine à Ciudad de Panamá avec Mao. Quelques jours pour passer mes examens, quelques jours pour visiter la ville et une soirée de karaoké et piscine entre les gratte-ciels. Bientôt, c’est l’anniversaire de Mao et pour fêter ça, elle décide de passer quelques jours dans le Valle de Antón, à quelques heures de la capitale.

Canal de Panama

Canal de Panama

Un lieu calme, frais (par rapport à la capitale), entouré de montagnes, de rivières et de manguiers. C’est vraiment agréable après plusieurs jours en ville.

Je décide de trouver un endroit où poser ma tente après avoir trouvé un logement pour Mao. Elle se décidera pour un hostel, tenu par un américain, et m’invite avant que j’ai le temps de dire ouf.

Le jour suivant, le propriétaire de l’hostel aura une petite discussion avec Mao au moment où elle va payer:

Je vois que tu paies pour lui. Pourquoi tu fais ça? Quelle est ta relation avec lui? Tu ne devrais pas payer juste pour coucher avec lui. Reviens seule cette nuit, je cuisinerai pour toi et m’occuperai bien de toi.

Quand Mao m’a raconté ça, j’ai senti beaucoup de colère monter. Cet homme nous avait jugé en 15 minutes. Il fallait rester calme. Pourtant, j’avais une envie profonde de débordement.

On parlera de cette histoire au village, je laisserai une référence sur « tripadvisor », et nous partirons en paix.

Plus tard, je transfère ma colère sur Mao. Elle pleure, je regrette. Cet odieux américain a failli nous ruiner ces quelques jours de détente!

L'indienne endormie

L’indienne endormie

Dans l’après-midi, nous décidons d’aller camper en montagne. Nous montons à la « India Dormida » et passerons une bonne nuit sous un merveilleux ciel étoilé. Un moment parfait pour discuter, pour vider nos sacs.

L'indienne endormie

L’indienne endormie

Nous passerons une nuit de plus dans le valle avant de nous séparer. Elle retourne à la Ciudad, et moi je continue en direction de Chitré, sur les conseils d’un homme rencontré ici (je me rendrai compte un peu plus tard que je n’ai absolument aucune idée sur ce lieu (Montagne ou plages? Ville ou campagne?…), je sais seulement que le monsieur trouve que c’est chouette!

Sur la panaméricaine

Sur la panaméricaine

Première tentative d’autostop. Un américain m’emmène d’abord. Puis voyant que l’autostop passif, c’est à dire être au bord de la route en tendant le pouce espérant que quelqu’un s’arrête, ne marche guère, je décide d’aborder directement les pilotes qui s’arrêtent dans les magazins le long de la panamericana.

Ça marche! D’abord deux agriculteurs panaméens souriants, puis deux gardiens de prisons, pas très rassurants, buvant bière sur bière au volant, et j’arriverai à Chitré, à l’arrière du camion de deux loulous rigolos.

En fin de courage, je prends un bus qui va jusqu’aux « Tablas » où je devrais trouver une plage. Celle qu’on appelle « las Comadres » se situe à 15 minutes en taxi d’ici. 15 minutes en taxi? C’est quoi? Une petite heure de marche?

Je charge mon backpack et me mets en route. Au bout de deux heures de marche, je me souviens de l’heure latino-américaine et au bout de 4, j’arrive à la plage. La nuit est largement tombée, la plage ne me paraît pas très sûre pour camper cette nuit, je ne sais pas jusqu’où peut monter la marée. J’avais vu des gens réveillés et un grand terrain où il serait agréable de camper.

Buenas noches! Je suis un voyageur, je viens d’arriver ici et je cherche un endroit où camper pour passer la nuit.

Un homme m’ouvre la porte. Il garde cette propriété énorme appartenant à un canadien et m’invite à entrer pour y passer la nuit.

Resto à las Comadres

Resto à las Comadres

Le lendemain, retour à la plage où je m’installerai dans un petit resto / maison de famille pour la journée. Ici vit un petit couple très sympathique. J’ai la plage pour moi tout seul, l’endroit est formidable pour juste ne rien faire dans le hamac et il n’y a personne, sauf ce pêcheur aux moules.

Gratteur de moules

Gratteur de moules

Las Comadres

Las Comadres

Calin

Calin

Retour sur la route, auto-stop peu rentable aujourd’hui: j’arrive à peine à sortir de Chitré et je suis crevé de la marche et de la chaleur. Dans un petit village, je cherche un endroit où camper. Deux jeunes me demandent:

-Hey, qu’est-ce que tu fais? Tu es perdu?

-Je cherche un endroit où rester cette nuit. Je peux venir chez vous?

Et me voilà chez Cuniga, un cultivateur de ñame (mi-manioc, mi-patate), un délicieux plat dans les mains, un jus de carambole à mon côté, à goûter l’alcool du coin et discuter un long moment avec Arturo, Alexis, Angel et Juliana! Une belle soirée.

À l’aube, je prends un bus pour Volcán (trop découragé pour me relancer tout de suite dans le stop). C’est un village dans les montagnes près de la frontière avec le Costa Rica. Je dois y rencontrer un hôte couchsurfing qui ne viendra jamais. Elle m’indiquera un endroit où camper qui est fermé. Je demande donc à des villageois où je peux m’établir et finalement une bonne soeur me laisse un bout de terre.

Le lendemain j’entreprends de marcher jusque Boquete à travers une randonnée dans le parc du volcan Barú. Le problème: il commence à pleuvoir à 13 heures et pas de répit jusqu’au lendemain matin. Mes affaires sont trempées. Je déploie tout dans un refuge un peu plus haut mais une vraie tempête se met en place et le petit toit n’abritera bientôt plus grand chose. Le gardien du parc vient me voir:

-Nous avons des logements ici. Il fait plus chaud qu’à l’extérieur.
-Je n’ai pas d’argent pour payer.

Séchage raté

Séchage raté

Lorsque l’orage gronde fortement, que mes habits commencent à voler à cause du vent et que la nuit tombe, le gardien m’invite dans sa maison. Il vit seul ici, au milieu des montagnes, pendant 7 jours puis rentre les 7 prochains jours chez sa famille. Il n’a pas de télé. Il se couche un peu après que la nuit tombe et se lève à l’aube. Je passe un chaleureux moment avec lui. Je lui demande s’il y a des jaguars dans cette forêt et il me répond que oui, mais qu’ils ne font pas de mal aux humains tant qu’ils trouvent du gibier et du gibier, il y en a!

Je commence la randonnée en montagne avec environ 20 kilos sur moi (je les ai ressenti les jours suivants…). Je ne verrai pas cet oiseau appelé quetzal. Mais j’apercevrai un sanglier (original pour un creusois!). La balade est fraîche, j’aime passer ce moment au milieu de la nature, je me sens reprendre des forces.

Sentier "los Quetzales"

Sentier « los Quetzales »

À mi-chemin, j’écouterai un « GROOAAAAR ». Je m’arrête et réfléchis. Je fais demi-tour? Non, je sors mon couteau, avance très lentement en ouvrant grand les yeux et en écoutant le moindre craquement de branche suspect. (Plus tard je me rendrai compte que ce crie de guerre provient d’un… singe!). Je finis la rando en me lavant dans l’eau fraîche de la rivière, effet vitalisant garanti!

J’arrive à Boquete, je me renseigne pour travailler mais la même réponse se fait entendre dans plusieurs endroits:

C’est la basse saison, il n’y a pas de touriste donc pas de travail.

Boquete

Boquete

Je rencontre Maria qui m’héberge cette nuit. Boquete est un beau petit village. Le jour suivant, je passe au village des artisans où je rencontre Lopez, un indigène Kuna Yala qui me propose un toit. Il m’apprendra quelques mots dans sa langue, nous mangerons un morceau, il me racontera quelques contes Kunas et nous regarderons finalement un film de catastrophe américain, là où la terre tremble, les failles s’ouvrent et avalent tout sur leur passage.

En plein vol

En plein vol

Nue Gambi!

Il est temps pour moi d’entrer au Costa Rica.