Je passe la frontière Panamá / Costa Rica par Paso Canoas. Je prends un bus en direction de Golfito puis un bateau pour Puerto Jiménez.

De Golfito à Jiménez

De Golfito à Jiménez

L’après-midi, je rencontre deux américains, Sama et Bryan qui deviendront rapidement mes amis.

La nuit venue, nous retrouvons ma couchsurfeuse Verónica et ses amis et allons aux festivités de l’été de San Juan (une petite saison sèche au milieu de la saison des pluies), qui a des allures de fête d’été dans un village creusois.

Jiménez

Jiménez

Le lendemain, je passe la journée à marcher, à observer la nature. Il y a de chouettes plages juste autour du village, il y a ces magnifiques guacamayas, de grands aras rouges, verts, jaunes et bleus qui dégustent bruyamment des amandes. Je vois des singes, des poissons, des iguanes, de nombreux oiseaux différents. Ce lieu a des allures de paradis, j’aime déjà.

Lapa ou Guacamaya

Lapa ou Guacamaya

Lapa ou Guacamaya

Lapa ou Guacamaya qui mange une amande

Le lendemain, changement de couchsurfeur, je rencontre Bryan. Il a une petite maison à côté de l’église et je resterai quelques jours chez lui.

Avant de le rencontrer, je lui envoie un message. Comme il est guide dans le parc Corcovado, je lui demande s’il est possible d’y entrer gratuitement. Il me répond par la positive.

Rapidement, il m’explique que les Ticos (habitants du Costa Rica) sont la forme la plus évoluée de l’être humain, parce que 50% de leur territoire est parc national protégé et qu’ils n’ont pas d’armée. Il fait beaucoup de comparaisons physiques, m’invite plusieurs fois à me mesurer à lui dans différents domaines, me parle du nombre incroyable de ses conquêtes féminines… Il veut visiblement faire un concours de « qui a la plus grosse? ». Je finis par jouer le jeu. Il cherche la domination, je ne lui laisserai pas.

Il me ment beaucoup, trop. Je n’ai plus idée sur ce qui est vrai et ce qui est mensonge. Quand je lui fais pars de mon ressenti, il me raconte la grande théorie du « tout le monde ment ».

Je pense qu’il ne me croit pas quand je lui dis que je voyage avec peu d’argent. Il a l’habitude de ce discours. Il cherche à me casser psychologiquement comme on casse un cochon tirelire.

J’ai senti le sale coup, pourtant je reste avec lui. Je pourrai peut-être entrer dans le parc si j’arrive à composer un groupe, je trouverai peut-être une solution. Et finalement, je trouve Bryan intéressant. Il me fait utiliser sang-froid, force et intelligence.

Le lendemain, quand je retourne à sa maison après avoir fait des courses, je me trouve enfermé dehors. Je n’ai pas d’argent, juste mes courses. Je passe la journée sur la plage où je retrouve mes amis américains.

Le soir, grosse embrouille. Bryan me demande 60 dollars pour un tour au parc et il n’apprécie pas quand je lui réponds que je n’irai pas.

El que se enoja, pierde

Le ton monte, l’explosion est proche. Il me menace physiquement.

Je me tais, tout se calme. Il est minuit, je n’ai pas d’endroit où aller, je dors là.

Le lendemain, il invente une excuse pour me mettre à la porte. Je prends mes affaires et pars en paix.

En direction de Matapalo, une superbe plage sauvage à quelques kilomètres de là. Je vais camper cette nuit et réfléchir à ce que je ferai ensuite.

Plage sauvage à Matapalo

Plage sauvage à Matapalo

Plage sauvage à Matapalo

Plage sauvage à Matapalo

Un cousin

Un cousin

Surfeur

Surfeur

J’adore ce lieu, mais je pars.

Je prends un bus en direction de la Panamericana. De là, je fais du stop dans une station service . Fermiz m’amène.

On s’entend bien, il est tard, le soleil se couchera bientôt. Je lui demande si je peux planter ma tente chez lui. Il vit à Ojo de Agua. Il m’offre un café et une tortilla de maïs, me montre ses plantations d’avocats, de guanabanas (corossol), de mamones (litchis), me fait goûter le jus de canne qu’il produit, m’amène faire le tour du village et quelques courses avec lui, m’invite à un délicieux dîner, m’offre une douche et une chambre pour la nuit.

Guanabana

Guanabana

Avocat miam

Avocat miam

J’adore cette rencontre. Simple et belle. Au milieu de ces délicieux produits de la nature. La soirée se finit avec un billard avec Adonaï, le fils de Fermiz, et ses amis.

Un bon petit déjeuner et je reprends la route. Je traverse le pays en stop, le long de la côte pacifique. Je m’arrête à Quepos, près du parc national Manuel Antonio, mais je n’y reste pas longtemps.

En fin de journée, je me trouve dans la voiture de Carlos. Il va à Monteverde. J’en ai entendu du bien et comme je n’ai pas de route prévue, j’y vais.

Ici, il y a ce ficus géant. On peut grimper à son sommet par l’intérieur. Être en haut de cet arbre et ressentir ses branches se mouvoir lorsque le vent souffle, c’est bon.

Ficus creux

Ficus creux

Ficus creux

Ficus creux

Sur la route pour redescendre, du haut des montagnes, on a une excellente vue sur l’Océan Pacifique.

Toute la côte pacifique du Costa Rica est remplie de plages magnifiques.

J’autostoppe vers Liberia et m’arrête quelques kilomètres avant la ville. Il fait nuit, je cherche une maison, des lumières. Je demande à une dame si je peux camper sur son terrain. Montage de tente, café, rigolades, dodo et en route pour le Nicaragua.

M’approchant du Nicaragua, on me dit de plus en plus souvent:

Le Panamá, le Costa Rica, c’est tranquille mais à partir du Nicaragua jusqu’au Mexique, fais très attention, c’est dangereux.

Quand je m’étais mis en route pour la Colombie, j’avais écouté de nombreuses fois des conseils similaires. Même à l’intérieur du pays, à Bogotá, on m’avait dit de ne surtout pas aller au sud du pays, qu’il y a la guérilla, que c’est extrêmement dangereux. Pourtant, c’est bien là que j’ai vécu des expériences merveilleuses.

Mais impossible de ne pas être affecté par ces répétitions. Il ne faut surtout pas me laisser gagner par la peur et la méfiance. Je me promets de ne pas me mettre bêtement en danger, de renoncer à mon défi si la situation l’exige.

À Liberia, je monte dans la voiture d’Edgar. Le stop c’est tout un art. Les gens se méfient. Il faut en quelques secondes faire passer un maximum de confiance au travers d’un regard, d’un sourire, d’une expression faciale. Edgar s’est méfié, a soutenu mon regard, m’a « évalué » et dans la seconde suivante, a décidé de s’arrêter et de m’emmener. C’est un cafétéro, il vit près de la capitale et reconnait le bon café en un coup d’œil. Je lui raconte mon histoire, il me tend un billet de 10000 pesos et me dit d’aller manger avec ça. Je lui réponds que je ne prends pas d’argent, que c’est juste un choix que j’ai fait et non une obligation.

Quand on n’a pas d’argent, les relations changent. Je me retrouve parfois confronté à du mépris. Si tu ne consommes pas, qu’est-ce que tu fais là! C’est un bon filtre pour éviter les relations commerciales. D’autres fois, les gens semblent admirer l’idée de chercher autre chose que le tourisme standard.

Edgar me parle du lieu où il va. Il est clair qu’il aime ce lieu. Je lui demande donc si je peux venir passer la journée avec lui.

On passe à travers le parc national de Santa Rosa, près de la frontière. Je voie quelques gros aras verts et jaunes et un écureuil qui danse sur un fil électrique. Puis on aperçoit ces singes sautant d’arbre en arbre. Je descends de la voiture pour prendre des photos. J’avance doucement quand je me trouve nez à nez avec un joli serpent. Je fais un bon en arrière.

Cousin

Cousin

Quoi? Il y a un serpent?

Copine

Copine

Je reste face à la bête, à environ 1 mètre. Elle est totalement immobile. Je prends une photo. Elle se retire.

Quand je montre la photo aux habitants d’ici, ils me disent:

Si elle t’avait mordu, tu serais mort avant d’arriver à l’hôpital.

Ce sont des mots, je ne sais pas si c’est vrai, mais ça me parait plausible (en fait c’est très probablement un boa constricteur, donc pas vénéneux). Ici, la vie se développe sous la seule loi de la Nature. C’est beau et c’est dangereux.

Je repense à tous les symboles, les fantasmes, les images que représente le serpent.

Edgar a fait construire trois appartements avec une grande cuisine extérieure et une piscine par ici, au milieu de nulle part.

Tu prends une chambre, tu manges avec nous. Ici, tu es chez toi.

Villa Salinas dos azul

Villa Salinas dos azul

J’ai visité les plages sauvages et quasiment sans humain des alentours. Je suis devenu ami avec les travailleurs nicaraguayens qui ont construit ce lieu et avec les vacanciers qui sont là. C’est donc le ventre plein, une bière fraîche à la main, me protégeant du soleil sous le toit de la cuisine extérieure, me rafraichissant dans la piscine de temps en temps, pendant que tout le monde regarde la finale de la coupe des Amériques, que j’écris ces phrases.

Plage sauvage Bahia Salinas

Plage sauvage Bahia Salinas

Crangrejo

Crangrejo

Plage sauvage Bahia Salinas

Plage sauvage Bahia Salinas

Plage sauvage Bahia Salinas

Plage sauvage Bahia Salinas

Guanacaste, Costa Rica

Guanacaste, Costa Rica

Edgar, en repartant pour San José, m’a dit tout sourire:

Tu peux rester jusqu’à lundi si tu veux, tu es ici chez toi.

Coca est en vacances ici, il s’est expatrié à New York, il a l’âge de mon père, à deux jours près. Un de ses fils est décédé à 27 ans, d’un cancer de testicule. La larme à l’œil, il me dira que je le fais penser à lui. On ira visiter d’autres plages aux alentours.

Costa Rica, Guacanaste

Costa Rica, Guacanaste

Ranchero

Ranchero

Playa à Guacanaste

Playa à Guacanaste

Playa à Guacanaste

Playa à Guacanaste

Cactus

Cactus

Playa à Guacanaste

Playa à Guacanaste

Pêcheur

Pêcheur

Ne pas marcher dessus!

Ne pas marcher dessus!

Plages sauvages et vierges

Plages sauvages et vierges

Un petit foot?

Un petit foot?

Zone protégée

Zone protégée

Au Costa Rica,

Pura Vida!

Je me demande ce qui m’attend ces prochains mois.