C’est maintenant!

Je pars, je revois pour les dernières fois ces gens, mes amis, ma famille. Souvent je me  demande « quand le/la reverrai-je? ». 1 mois, 1 an, 1 vie?

Partir sans prévoir de retour. Un aller simple pour une nouvelle vie.
Et derrière moi, je laisse tous ces êtres chers à moi. Ils sont d’autant plus chers que la possibilité de ne pas les revoir avant « je ne sais » combien de temps est de plus en plus palpable.

J’ai le cœur déchiré! C’est une étape très particulière. La fin d’une vie et le début d’une autre. Les doutes se mêlent à l’impatience et la soif de liberté se bat avec le désir de construire une vie stable et équilibrée.

Guéret, vue du haut

Guéret, vue du haut

Le choix est fait. Depuis longtemps. Mais quand même… Ce serait tellement beau et rassurant de tomber dans les bras d’une connue pour construire ensemble, se reproduire, avoir une petite vie peinarde là où mes racines sont les mieux ancrées.

Je reçois tellement d’amour que j’en suis abruti. Ma tête se vide et j’ai l’impression de ne pas être là. Les quelques vices que je me suis permis de retrouver ces derniers jours de façon démesurée n’arrangent rien.

Ici les copains je vous le dis, je vous aime.
J’ai envie de pleurer.

Pourtant je sais que là où je vais m’attend une expérience riche et belle.

« Si tu vas au Mexique, ne rentre pas dans un chiotte avec un trav' »
« C’est pas parce que tout s’est bien passé la première fois que tu n’auras pas de couille cette fois-ci »
« T’as tout compris. Tu finiras peut-être clochard à 40 ans mais tu as tout compris! »

Merci pour vos précieux conseils.

 

Avant de monter dans le premier avion, il se pose le problème du « vous n’avez pas de billet retour, il faut en présenter un pour ne pas être refusé dans ce pays ». Quelques coups de fil, les derniers câlins puis je monte dans le premier avion.

Petit drône au dessus de Lyon

Petit drône au dessus de Lyon

Vue de là-haut

Vue de là-haut

Francfort, Allemagne. Wifi gratuit!
10h de vol pour arriver à Sainte-Domingue. Agréable compagnie avec Lisa, cuisinière norvégienne, qui partage musique et bonbons ainsi que l’envie de fumer une cigarette.

 

De l’autre côté

Après la République Dominicaine, on part pour le Panama. Dans l’aéroport, vente de chapeau blanc panaméen. Le temps est gris, j’imaginai que je trouverai un décor paradisiaque de soleil et d’eau turquoise.

Dernière ligne droite. Me voici à Quito, en Équateur. Je trouve rapidement mon sac à dos. Une bouteille de vin rouge s’est cassée! Je vais devoir voyager encore quelques heures tout imbibé de vin rouge (vêtements et tout ce qu’il y avait dans le sac en fait). Cette odeur me rend nostalgique.

Je sors de l’aéroport, il fait grand soleil et plus de 30 degrés. Mais pas de temps à perdre, si je veux gagner Pasto ce soir, je dois filer.

Plusieurs solutions. La plus évidente et facile pour le touriste perdu dans un pays nouveau, c’est le taxi. Comme premier prix, on me demande 25 dollars. Je réponds que je prendrai le bus. On me rit au nez façon « il est fou celui là, il ne sait pas à quel point il est difficile de s’orienter en bus pour un étranger ». Au deuxième passage, le prix est passé à 15 dollars.
J’opte quand même pour le bus à 75 centimes. J’explique au chauffeur où j’aimerai aller, il me propose un trajet. Il me pose à Pifo, en banlieue de Quito.

Là je dois marcher un peu pour trouver une entreprise de bus qui me mènera à Ibarra, sur la route du nord et de la frontière colombo-équatorienne.

Une rue de Pifo, Equateur

Une rue de Pifo, Equateur

Je me rends compte qu’il fait 35 degrés, que l’on est à 2500 mètres d’altitude, que je suis fatigué… bref j’en chie. Essouflé, j’arrive et j’achète mon billet. Si l’amigo d’à côté ne m’avait pas prévenu, je serai monté dans un bus qui ne va au bon endroit, je suis paumé!

Je suis paumé!

Je suis paumé!

Puis je pars pour Ibarra. D’après mon voisin, c’est à 1 heure, j’arrive au bout de 3.

Là-bas, on me dépose dans une grande rue pour trouver un bus qui part pour Tulcan, ville proche de la frontière. Juste un problème: les bus qui passent sont pleins à craquer et nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir partir à cette destination. J’attends près d’une heure et demie pour en trouver un qui m’accepte debout et avec tout mon bagage.

C’est drôle, ici les bus s’arrêtent et prennent tous les gens qui font signe de près ou de loin tant que le bus n’est pas rempli. Des marchands itinérants montent et vendent boissons, spécialités du coin pour redescendre quelques kilomètres plus loin et certainement retenter leur chance dans l’autre sens. On écoute de la bonne musique latine, l’ambiance est joyeuse malgré une situation loin de la première classe des avions d’air swiss.

La cordillère des Andes! Dans le bus, j’ai le temps d’apprécier le paysage. Me frappent surtout ce grand lac et ce gigantesque volcan enneigé (pas pris de photo).

Arrivé à Tulcan, je prends le taxi jusque Rumichaca, frontière!

Passage à la migration de l’Équateur, je sors officiellement du pays. On traverse la rivière qui sépare les deux pays, j’entre. Le contrôleur s’aperçoit que j’ai passé un séjour de deux fois 3 mois, il y a peu de temps, ici. Il me pose le traditionnel « que venez-vous faire ici », je réponds le traditionnel « tourisme ». Après un scientifique calcul, il déduit que cette fois je ne pourrai rester que 75 jours. Je n’insiste pas, je réfléchirai aux possibilités futures plus tard. Il y a une jolie personne qui m’attend de l’autre côté, ça commence à presser!

Autre taxi jusque Ipiales, je rejoins la belle et on part ensemble pour Pasto.

Il est minuit, je viens de passer 40 heures en voyage et je suis super heureux de me jeter dans un lit.

 

La shiva vue de derrière

La shiva vue de derrière

Pasto

Pasto

Pasto

Pasto