Une petite histoire que j’ai entendue par là.
Vous savez certainement que la situation politique en Colombie est sensible. Vous avez entendu parler des guérillas et plus précisément des FARC (Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes).

Ayant pour but ultime de renverser par la force le pouvoir politique colombien en place, les FARC sont l’une des plus puissantes et plus anciennes armées révolutionnaires d’Amérique latine. D’idéologie marxiste et castriste, ils sont surtout présents au sud de la Colombie, le long des frontières avec l’Équateur, le Pérou et le Brésil.

 

Complètement à l’opposé des guérillas, il y a les milices paramilitaires.

Ennemis des FARC, ils sont rarement montrés du doigt et jouissent même d’une certaine protection des autorités. Pourtant très violentes et corrompues, ces milices sont responsables de nombreux massacres et violations des droits de l’homme dans les zones qu’ils contrôlent.

Originaires des milices privées que certaines familles et trafiquants payaient pour protéger leurs intérêts des attaques des guérillas et de leurs rivaux, les milices paramilitaires contrôlent aujourd’hui une grande partie des cultures et des laboratoires de transformation de drogue en Colombie.

Chargées de défendre et de veiller sur les intérêts de l’élite trafiquante du pays, ces milices sont bizarrement très peu ennuyées par les autorités colombiennes et américaines.

 

Cette histoire traite de ces derniers et d’une spécialité culinaire bien sud-américaine: la empanada.
Ce sont des petits chaussons de farine de maïs, fourrés au riz, légumes, œufs, viande… puis frits à l’huile. On les mange au goûter avec un café et une sauce au piment.

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Il se trouve qu’un jeune homme eut un jour quelques problèmes avec les milices paramilitaires. L’assassinat ou la torture n’étant pas un problème éthique pour eux, ils lui donnèrent la mort.
Dans une logique de domination et pour marquer leur force et asseoir leur position, ils le découpèrent en morceaux.
Plus tard, ils vendirent la viande à la mère du jeune.
Elle, vendeuse de empanadas, les a utilisé pour confectionner ces petits délices et les vendre dans la rue, comme elle le faisait tous les jours.

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Une fois la marchandise vendue, les paramilitaires avisèrent la mère sur ce qu’elle venait de faire.

 

Après avoir écouté cette histoire, la saveur des ces en-cas avait changé pour moi.
Légende de rue ou réalité?
En tout cas, les gens ici connaissent l’histoire et ce qui est dérangeant c’est qu’ils ne remettent pas en question le fait que ce soit possible.